Comment vieillir en bonne santé dans une société toujours plus diverse ? Une étude du Mather Institute, menée sur trois ans auprès de plus de 1 000 personnes âgées issues de six groupes culturels aux États-Unis, offre un éclairage précieux. Pour les professionnels du marché des seniors, ces enseignements sont une invitation à repenser les approches, les produits et les services.
Une vision du bien vieillir, façonnée par la culture
La recherche confirme que, malgré des contextes culturels très variés, les personnes âgées partagent une vision commune du bien vieillir, articulée autour de cinq piliers :
- Le bien-être global (physique, mental, émotionnel)
- Les liens sociaux significatifs
- L’autonomie et la stabilité
- La recherche de sens et d’utilité
- La résilience face aux défis
Mais derrière ces points communs, chaque culture les exprime à sa manière : la transmission familiale et spirituelle chez les Sud-Asiatiques, le rôle central de la communauté et de la foi chez les Afro-Américains, la recherche d’équilibre et d’harmonie chez les Chinois, la valorisation de la sagesse chez les populations arabes, etc.
Des différences marquées entre les groupes
L’étude montre que les Afro-Américains rapportent les niveaux les plus élevés de “successful aging”, notamment grâce à leur fort engagement communautaire et spirituel. À l’inverse, les personnes d’origine sud-asiatique, bien que très résilientes, rapportent plus de difficultés liées à l’isolement ou à l’accès aux ressources.
Ces écarts s’expliquent notamment par des différences de niveau d’éducation, de revenus, de statut migratoire et d’accès aux services. Un enseignement clé pour les acteurs du secteur : il n’existe pas un senior “type”, même au sein d’un même groupe culturel.
Pour les professionnels : repenser l’offre et la relation client
Cette étude met en lumière l’importance cruciale de l’approche personnalisée. Les seniors ne souhaitent pas seulement des produits adaptés à leur âge, mais à leur identité, à leur histoire de vie, à leurs valeurs.
Voici quelques pistes d’action concrètes :
- Adopter une approche culturelle sensible
Intégrer des éléments culturels dans les services (ex. : repas traditionnels sains, cours de danse ou de méditation inspirés des traditions locales). - Personnaliser les parcours
Offrir des activités qui correspondent à la diversité des aspirations : spiritualité, autonomie, transmission, engagement social… - Valoriser les liens intergénérationnels
Créer des espaces de rencontre entre générations : ateliers de transmission de savoirs, projets communs avec des écoles ou associations. - Écouter et co-construire
Favoriser des espaces d’expression pour les seniors eux-mêmes, et concevoir les programmes avec eux, pas seulement pour eux. - Soutenir la résilience et l’empowerment
Mettre en valeur les parcours de vie, les compétences acquises, et encourager la poursuite d’objectifs à tout âge.
En conclusion
Vieillir en bonne santé ne se résume pas à l’absence de maladie. C’est une construction intime, influencée par le vécu, les racines culturelles, la qualité des relations et le sentiment d’utilité. Pour les professionnels du secteur, intégrer cette complexité est non seulement un enjeu éthique, mais aussi une opportunité stratégique pour bâtir des offres plus justes, plus désirables… et plus efficaces.